Colloque - Pour une écologie du paysage sonore

Wim Wenders en forêt de Dordogne!

Cette année, les Journées de l’arbre ont eu l’honneur d’accueilir un invité de marque : Wim Wenders qui a ouvert le colloque le Lundi 27 en forêt de “La bonne Foussie” avant de planter un arbre dans l’arboretum consacré à la mesure des effets des modifications climatiques sur les essences forestières !

 

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PROGRAMME

Dordogne 

Conférences – Concerts – Expositions

 

SainT-YRIEIX-LA-PERCHE

SARLANDE – LANOUAILLE

SainT-PIERRE-DE-FRUGIE

26-27-28-29 Juillet 2015

Note: L’Entrée à certaines manifestations est offerte, et souvent sans réservation. Elle est indiquée par une


Dimanche 26 juillet : SAINT-YRIEIX LA PERCHE

17 h, Collégiale : Ensemble Xtuor, Concert : Promenade en forêt. Entrée 10 € 

Réservation via l'office du tourisme : 05 55 08 20 72

Réservation possible sur place à partir de 16H

Leïla Zlassi, soprane - J.Christophe ROUSSEAU, baryton, Laurence BOUREAU , clarinette, Johanne RALAMBONDRAINY, piano. Oeuvres de Schumann, Saint-Säens , Mendelssohn, Strauss , Mozart, Fauré, Tchaikowsky…

 

Dimanche, Lundi, Mardi : 14 h-16 h. Ferdinand DEROUSSEN, exposition : Forêts d’ici et d’ailleurs (Centre Culturel J.P.Fabrègue, participation 2€)

F.DEROUSSEN vous invite à un cheminement sonore dans les diverses forêts de la planète. Son écoute attentive, sa patience et sa connaissance du monde sauvage s'exprime dans un audiorama de vingt minutes qui nous entraine de nos belles forêts françaises aux forêts tropicales d'Australie, d'Equateur et du Cameroun, de la Taïga sibérienne aux pentes de l'Himalaya. Une profusion d'ambiances qui mettent en valeur l'aspect artistique et infini des beautés sonores de la nature sauvage.

 Réservation: Office du tourisme 0555082072

 

21 h, Cinéma Arevi, Accueil de Wim WENDERS, par Mr Daniel BOISSERIE, Député-maire de St Yrieix. Projection du Sel dela terre de Wim WENDERS, en présence du cinéaste. Entrée cinéma (Information à l'office de tourisme au 05 55 08 20 72).

Mise à jour au 25/7 : COMPLET, une deuxième projection aura lieu Lundi (Renseignements à l'office de tourisme au 05 55 08 20 72)

 

Lundi 27 juillet : LA BONNE FOUSSIE (Sarlande)

15 h, Accueil des participants - Présentation des journées par Jean MOTTET- Ouverture du colloque par Wim WENDERS.

15 h 30, Introduction générale : Charles DEREIX, Ingénieur Général des Ponts, des eaux et des forêts, Président du groupe d’Histoire des forêts françaises:Les musiques de mes forêts, épisodes de la vie d’un forestier.

16 h, Ferdinand DEROUSSEN, audio naturaliste professionnel : La Nature : une autre Musique.

16 h 30, Thierry AMEGLIO, directeur de recherche INRA,UMR PIAF, Université Blaise PascalClermont-Ferrand : Quand les arbres nous parlent de leurs contraintes environnementales.

Les arbres sont sensibles aussi bien aux informations extérieures qu'à celles, intérieures, qui les renseignent sur leur étatIls perçoivent les variables physiques de leur environnement (eau, gravité, température, lumière, vent) et en retirent de nombreuses informations. Ces contraintes environnementales sont autant de facteurs de stress auxquels ils s’adaptent pour survivre et se développer. Sans chercher l’exhaustivité des réponses, cette présentation donnera quelques exemples de perceptions de ces variables environnementales et leur traduction sous forme d’action biologique ou physiologique à l’intérieur de la plante et entre ses différents organes, jusqu’à l'émission de "cris d'alarme" lors de dépérissement lié à des sécheresses extrêmes (ou gels extrêmes) au travers de la détection acoustique de la cavitation.

17 h 00, DUO exceptionnel:  Christine FARCY, professeur à l’université de Louvain, Vice-Présidente du bureau exécutif de la commission européenne des forêts, Paul  ARNOULD,  Géographe et Biogéographe, professeur à l’école normale supérieure de Lyon : Le paysage sonore : un sujet inaudible pour les aménageurs forestiers ?

17 h 30, Fabienne RAPHOZ, auteur, éditrice, responsable avecBernard FILLAUDEAUdes éditionsCORTI : Intermède poétique, Le merle de mon jardin et autres poèmes sonores.

19 h, Arboretum de La Bonne Foussie : Plantation d’un arbre par Wim WENDERS, entouré des conférenciers et des autorités forestières.

20 h, La Bonne Foussie : Buffet-Participation 20€ réservation indispensable  05 53 52 52 76 – mail : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

21 hDaniel DESHAYS, Professeur d'études du sonore-Laboratoire de recherche ENSATT : L’écoute mouvement mémoire : une déconstruction de l’idée du paysage.

La volonté d’écouter n’est pas une situation ordinaire. Aussi tendue soit l’oreille, sans un engagement renouvelé d’attention, l’écoute ne peut se maintenir écarquillée. Comment atteindre cette vision globale tant espérée, celle que seul, si curieusement, nous offre le microphone. L’écoute libre, tenue dans un parcours toujours discontinu et chaotique est bringuebalée entre l’inconsciente nécessité de reconnaître et le désir insouciant de poursuivre un évènement. — Chaque surgissement de son met fin au rêve vers lequel l’écoute ne cesse de nous conduire. Cris d’un geai, chute d’une branche, l’œil inquiet en scrute la provenance ; mais toujours la foret tient secret l’origine de ses sources.

Mardi 28 juillet : SAINT- PIERRE de FRUGIE, SAINT YRIEIX LA PERCHE

Sarlande

8h, La Bonne-Foussie,Catherine Bouchain, audio-naturaliste, promenade en forêt. A chaque oreille son paysage sonore. Participation 5€. Réservation obligatoire au 06 50 19 80 50. 

10 h, Maison de la forêt (Mairie). Benjamin Bondonneau, musicien, plasticien : L’expérience de l’Arbre Ouvert, Hiver 2009-2010.

Inspiré des séries de peintures d’arbres de Mondrian et des paysages sonores sylvestres, les musiciens Daunik Lazro (saxophone baryton) et Benjamin Bondonneau (clarinettes) ont improvisé librement dans des forêts de Dordogne. L’Arbre Ouvert mêle des stratégies de travail tant sur les plans sonore que visuel.

11 h, Maison de la forêt (Mairie), projection sonore de : « La forêt d’en haut », de l’audio-naturaliste Boris JOLLIVET.

Spécialisé en prises de sons nature, Boris JOLLIVET  travaille aujourd’hui des sons de toutes origines et réalise régulièrement des compositions.

Saisir la vie et les dimensions inattendues de notre monde sonore, chants de glace et vibrations d’insectes, frémissements de nature ou échos des vallées…

12h, Cocktail offert par la mairie

Saint Pierre de Frugie

15 h 30, Mairie,Accueil convivial par Mr le Maire Gilbert CHABAUD

16 h, Eglise, Pauline NADRIGY, agrégée de philosophie : L’écho des bois : création originale de la nature ? Le phénomène de l'écho a-t-il quelque chose à nous dire sur la spécificité du paysage sonore de la forêt? En revenant sur ce phénomène acoustique et en explorant ses traitements littéraires et philosophiques, chez Ovide, Rousseau ou Thoreau, nous déterminerons en quoi l'écho est, sur le plan de l'imaginaire, lié à la diversité de cet environnement. Par lui, et non seulement à travers lui, l'écho n'est pas une simple répétition, il est perçu comme une création originale, comme une voix de la forêt.

17 h, Eglise, Claude MURCIA, professeur émérite à l’université Paris-Diderot : Les sons de la forêt : mimétisme, invention, détournement (Le labyrinthe de Pan et L’homme qui ment). L’un – Guillermo del Toro –, venu du cinéma fantastique, situe son intrigue dans une forêt dont il fait à la fois le théâtre d’un drame historique (l’élimination des maquisards par le régime franquiste) et celui d’une aventure féérique vécue par une fillette. L’autre – Alain Robbe-Grillet –, ingénieur agronome de formation devenu «pape » du Nouveau Roman, grand amoureux des arbres et des plantes, commence son récit filmique dans une forêt infestée de soldats.

Il s’agira d’examiner la façon dont les deux cinéastes utilisent les sons de la forêt comme autant d’éléments qui participent à la construction du monde fictionnel que leurs films proposent.

18 h, Cocktail offert par la Mairie.

19 h 30, Place de la Mairie Concert d’oiseaux donné par le groupe Electroplume.

Electroplume est un projet unique en son genre puisqu'il s'agit d'accompagner des chants d'oiseaux avec une batterie. Le rythme, la mélodie et le mode de vie de chaque volatile se reflètent dans les compositions qui leur laissent le "chant libre" car ce sont eux les virtuoses. Tout comme le Land Art révèle la profondeur des couleurs ou la précision des formes naturelles, Electroplume construit un décor inédit pour le chant de l’oiseau. »

 

Saint Yrieix la Perche

19 h 30, Palais des Congrès : José MOURE, professeur à l’université Paris I Panthéon Sorbonne. Plein champ visuel et hors champ sonore : L’appel de la forêt chez quelques cinéastes contemporains ( Lisandro Alonso- Philippe Grandrieux – Albert Serra – Gus Van Sant )

De Gus Van Sant à Lisandro Alonso, en passant par Philippe Grandrieux ou Albert Serrat…, plusieurs cinéastes contemporains, souvent les plus radicaux dans leur démarche, ont fait de la forêt un des lieux privilégiés de leur cinéma : un cinéma qui préfère la perception et la sensation à l’action et la dramatisation, qui enregistre plus qu’il ne réagit, qui écoute autant qu’il observe. Pour ces cinéastes, filmer la forêt, son silence bruyant et   changeant, c’est éprouver la présence sonore d’un dehors qu’on ne peut montrer, ni faire taire et qui, occupant tout l’espace, manifeste l’invisibilité du sensible.

20 h 30, Palais des Congrès, François de la BRETEQUE, professeur à l’université de Montpellier : Retrouver au cinéma les bruits de la forêt médiévale.

Lancelot du Lac (Robert Bresson 1974) et Le Monde vivant (Eugène Green, 2003) ont chacun à leur façon revisité les romans médiévaux de la Matière arthurienne. Ils se sont obligatoirement confrontés à la difficulté de rendre crédible l’ambiance sonore de ces œuvres d’imagination, en particulier celle de la forêt où se déroulait une grande partie de l’action et qui, d’ailleurs, était familière aux auteurs et aux lecteurs de ces romans. On essaiera de montrer que, en dépit de l’écart irréductible qui sépare leur monde du nôtre, les deux cinéastes ont trouvé des solutions plastiques porteuses de sens et non indignes de leurs « sources ». On soulignera aussi l'écart fondamental de leurs systèmes sonores en dépit de leur accord sur le fond.

Mercredi 29 juillet : La BONNE FOUSSIE, LANOUAILLE

La Bonne Foussie:

8h : Initiation à l’écoute des sons de la forêt par Fernand DEROUSSEN, Naturaliste. Voir aussi http://www.oreilleverte.fr/. 

Mise à jour au 22/7 : COMPLET !

Lanouaille:

16 h, Mairie : Philippe ROGER, maître de conférences à l’université de LYON : BRESSON en forêt.

Le plus exigeant des cinéastes français plaçait en pratique le son au-dessus de l’image. Des Anges du péché (1943) à l’Argent (1983), la figure autant sonore que visuelle de l’arbre et de la forêt hante l’univers de Robert Bresson. Une forêt essentielle qui résonne d’un combat sans merci entre le Bien et le Mal, culminant dans le radical et saisissant Lancelot du lac (1974).

17 h, Mairie : Aline BERGE, maître de conférences à l’université de Paris III Sorbonne Nouvelle : Quelques perles de son : littérature du monde à l’écoute de la forêt.

« Qui chante là quand toute voix se tait ? » (Philippe Jaccottet).

A distance du ramage mondain, enfants, hommes et écrivains sont à l’écoute du monde vivant, tenant registre ou mémoire de ses sons. Mais où sont-ils, ces habitants du monde habités de sons ? Aux bords, aux creux et aux bouts du monde, dans l’accueil impromptu ou la recherche active d’un « lieu tranquille » propice à la résonance (Peter Handke) : près du bois, dans les forêts. Du loriot au bois de la poésie chinoise ancienne au « parlement » baroque des forêts d’Europe et d’Afrique d’hier et d’aujourd’hui, du haïku de Thomas Tranströmer au Chant des pistes de Bruce Chatwin en Australie, les dispositifs etles modes d’attention sont multiples. Brefs échos ou longs récits des langues et des cultures du monde : paysages sonores en partage, dans la forêt seconde des littératures.

18 h, Cocktail offert par la municipalité de Lanouaille

19 h 30, Médiathèque de LANOUAILLE.

Philippe RAGEL, professeur à l’université de Toulouse : l’appel de la forêt : à propos de « L’amant de Lady CHATERLEY », de Pascal FERRAN.

Mariée à sir Clifford, un hémiplégique mutilé par la Grande guerre, Constance est une femme frustrée. A Wragby passent ainsi ses hivers, sombres, mélancoliques. Un jour de printemps, Constance pousse vers le bois qui refleurit. Cette excursion agit aussitôt comme un fluide. Au motif floral et végétal qui accompagne sa renaissance, s’en agrège un autre, tout autant érotique : l’appel sonore de la forêt, métaphore de son désir qui mène à la cabane deParkin…

 La nature nous parle… Écoutons-la !

Après s’être penchées sur le spectacle visuel de la nature, notamment le paysage, les Journées de l’Arbre se proposent d’interroger la place des sons dans notre perception de l’environnement naturel. Doué pour voir, regardeur du monde, l’homme peut-il aussi l’écouter ? N’est-ce pas alors, une fois la vue et ses prétentions dominatrices détrônées, une autre idée de nature qui serait générée ? Pouvons-nous, avec Thoreau par exemple, revenir au son naturel comme élément de contact direct avec la nature ?

Qu’est-ce qui se passe lorsque nous entrons dans le monde complexe des événements sonores de la forêt ? Pour entendre et apprécier cette « communauté acoustique, les Journées de l’arbre feront une nouvelle fois appel aux arts ; Ceux-ci peuvent aider à un éveil de l’écoute aux sons naturels : la musique bien entendu, ce son construit qui se « faufile dans les bruits de la nature » (Wolff), semblant parfois « mettre l’œil dans l’oreille » selon la formule de Rousseau, mais également la littérature, la poésie ou encore le cinéma dont la beauté s’origine aussi dans le son.

Par ailleurs, l’équilibre de cet ensemble naturel est aujourd’hui menacé par la cacophonie humaine, ce qui pose la question écologique. A partir d’enregistrements effectués dans les forêts du monde, nous montrerons que les textures sonores peuvent en effet révéler les aspects les plus infimes du tissu acoustique de la forêt.

Car un enregistrement de sons non retouché ne ment pas : il exprime, entre les éléments d’un écosystème, des relations qu’un support visuel seul ne peut espérer saisir. Le paysage sonore peut alors devenir un précieux instrument de diagnostic de la biodiversité. « En noyant les sons naturels complexes de la biophonie et de la géophonie sous nos bruits, affirme Bernie KRAUSE, nous perturbons ou détruisons la nature elle-même ».

La plantation d’un arbre par Wim Wenders dans l’arboretum de la Bonne Foussie consacré au réchauffement climatique, principal menace pesant sur nos forêts, revêt dès lors une signification hautement symbolique.

Jean MOTTET